The club of queer trades, based in London, is "an eccentric and bohemian club, of which the absolute condition of membership lies in this, that the candidate must have invented the method by which he earns a living. It must be an entirely new trade. The exact definition of this requirement is given in the two principal rules. First, it must not be a mere application or variation of an existing trade. (...) Secondly, the trade must be a genuine commercial source of income, the support of its inventor."
Pour être membre de ce club londonien des "patrons d'entreprises étranges", il faut avoir inventé sa source de revenu, avoir créé une source de revenu originale. Quand Chesterton invente cette fiction, nous sommes à la fin du XIXème siècle, et les très riches entrepreneurs réunis dans la City de Londres expriment une certaine fierté à innover, à inventer de nouveaux produits, marchandises, services.
Aujourd'hui les Super riches (Super rich, the greed game, written and presented by Robert Peston for BBC Northern Ireland) semblent réduits à une seule et unique activité qui découle toujours de la même méthode pour gagner sa vie: emprunter et spéculer avec l'argent des autres. La source de revenu pour ceux assis dans les mêmes anciens divans en cuir du pouvoir a été réduite elle aussi à sa plus simple expression: l'argent est la source de revenu. La source avant la source a pratiquement disparu.
Qu'est-ce qui les excite alors à reproduire à l'infini le même copier-coller ayant inéluctablement le même résultat, leur enrichissement exponentiel? Qu'est-ce qui les poussent à continuer, hormis le fait d'être toujours plus riche et influent? A mon avis, rien. Car sur un yacht, au milieu de la mer, il n'y a rien. C'est le vide qui les attire, les dommages créés par le fonctionnement de leur yuppies enfermés dans des bunkers à tripoter des chiffres. Il n'y a pas d'aventure. Il y a le vide des piscines chlorées sur un yacht abordant les Bahamas chargé d'or virtuel à blanchir.
De quoi parle-t-on quand on est le maître du vide? Se réunit-on encore? Je ne pense pas. On ne parle plus d'ailleurs. On essaye de jouir. Les pulsions ont remplacé les fantasmes. On attend de se remplir de plaisir. De se vider, puis de se reremplir.
Extrait pris dans The tremendous adventures of Major Brown de Chesterton
Pour être membre de ce club londonien des "patrons d'entreprises étranges", il faut avoir inventé sa source de revenu, avoir créé une source de revenu originale. Quand Chesterton invente cette fiction, nous sommes à la fin du XIXème siècle, et les très riches entrepreneurs réunis dans la City de Londres expriment une certaine fierté à innover, à inventer de nouveaux produits, marchandises, services.
Aujourd'hui les Super riches (Super rich, the greed game, written and presented by Robert Peston for BBC Northern Ireland) semblent réduits à une seule et unique activité qui découle toujours de la même méthode pour gagner sa vie: emprunter et spéculer avec l'argent des autres. La source de revenu pour ceux assis dans les mêmes anciens divans en cuir du pouvoir a été réduite elle aussi à sa plus simple expression: l'argent est la source de revenu. La source avant la source a pratiquement disparu.
Qu'est-ce qui les excite alors à reproduire à l'infini le même copier-coller ayant inéluctablement le même résultat, leur enrichissement exponentiel? Qu'est-ce qui les poussent à continuer, hormis le fait d'être toujours plus riche et influent? A mon avis, rien. Car sur un yacht, au milieu de la mer, il n'y a rien. C'est le vide qui les attire, les dommages créés par le fonctionnement de leur yuppies enfermés dans des bunkers à tripoter des chiffres. Il n'y a pas d'aventure. Il y a le vide des piscines chlorées sur un yacht abordant les Bahamas chargé d'or virtuel à blanchir.
De quoi parle-t-on quand on est le maître du vide? Se réunit-on encore? Je ne pense pas. On ne parle plus d'ailleurs. On essaye de jouir. Les pulsions ont remplacé les fantasmes. On attend de se remplir de plaisir. De se vider, puis de se reremplir.
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